Question :
J’ai besoin d’une explication à propos de deux passages du Coran. Dans la sourate Taha (20:124-125), Allah dit :
« Et quiconque se détourne de Mon rappel mènera une vie étroite, et Nous le ressusciterons aveugle le jour de la Résurrection. »
Puis, dans le verset suivant, la personne dira :
« Mon Seigneur, pourquoi m’as-Tu ressuscité aveugle alors que je voyais auparavant ? »
Ces versets indiquent que ceux qui se détournent du rappel d’Allah seront ressuscités aveugles. Cependant, dans la sourate Az-Zumar (39:68), Allah dit :
« Et on soufflera dans la Trompe, et quiconque sera dans les cieux et quiconque sera sur la terre tombera foudroyé, sauf ceux qu’Allah voudra [épargner]. Puis, on y soufflera une seconde fois et les voilà debout, à regarder. »
Ici, il semble que tous les ressuscités verront. Comment concilier ces deux passages ? Pouvez-vous m’expliquer cette différence ? Merci.
Réponse :
Allah (swt) dit dans le Coran :
Ce ne sont pas les yeux qui deviennent aveugles, mais ce sont les cœurs, dans les poitrines, qui deviennent aveugles. (Coran 22:46)
L’aveuglement mentionné dans certains versets relatifs au Jour du Jugement ne renvoie donc pas nécessairement à une cécité physique, mais plutôt à une cécité métaphorique. Elle reflète un manque de discernement ou d’intuition spirituelle, un obstacle qui les empêchait d’accepter la guidance dans ce monde.
Quant au verset indiquant que les gens seront ressuscités « en regardant », cela signifie qu’ils auront la capacité de voir et constater la réalité de leurs actes, notamment à travers le Livre de leurs œuvres, avant le Jugement. Ils seront également témoins des conséquences de leurs actions, qu’il s’agisse des récompenses ou des châtiments.
Dans le Tafsir Namunah, il est écrit :
« Nous n’avons aucune raison de croire que les termes “aveugle” et “vue” aient exactement le même sens dans ce monde et dans l’au-delà. Leur signification dans l’au-delà peut être métaphorique et différenciée. Être ressuscité aveugle signifie ne pas percevoir la félicité de l’au-delà ni le chemin menant à la dignité et au salut. Toutefois, la personne verra le Livre de ses actes placé devant elle ainsi que la situation terrifiante dans laquelle elle s’est elle-même engagée. Cela constituera un témoignage complet contre elle, de même que tout ce qui résulte de son jugement, qu’il s’agisse du tourment du Feu engendré par ses propres actes ou de la félicité du Paradis. »
Salma Alavi
