Question détaillée :
Je me suis marié puis j’ai découvert que ma femme n’était pas vierge. Elle m’avait menti en me disant qu’elle avait perdu sa virginité à cause de la masturbation. Plus tard, j’ai trouvé une vidéo dans laquelle elle avait une relation intime avec un autre homme avant notre mariage.
Je lui ai donné une seconde chance à condition qu’elle ne refasse plus ce genre de choses. Mais deux mois plus tard, elle était toujours en contact avec cette personne et avec d’autres hommes.
J’ai également découvert qu’elle consommait des stupéfiants et qu’elle souffrait de maladies sexuellement transmissibles. Lorsque je lui ai demandé des explications sur son comportement, elle est devenue violente et abusive.
J’ai rassemblé des preuves confirmant mes accusations, je l’ai ramenée chez ses parents et j’ai engagé une procédure de divorce. Après cela, j’ai découvert que son passé était encore pire que ce que je savais : elle avait eu de nombreuses relations, pratiqué l’échange de partenaires et avait même causé le divorce d’un homme par ses actes.
Avant que notre divorce (islamique et légal) ne soit finalisé, elle s’est remariée avec un autre homme sans respecter la période d’ʿiddah.
Pouvez-vous me conseiller sur la meilleure façon d’avancer dans cette situation ?
Réponse :
Ceci est un cas évident de talaq(divorce islamique). Lorsque votre épouse ne fait aucun effort pour corriger son comportement et que la situation est aussi grave, vous devez vous protéger, car son attitude vous met en danger. Reporter le divorce n’est même pas une bonne option ; mettre fin à cette relation toxique est préférable.
En ce qui concerne le mahr (dot), vous pouvez lui proposer ceci : si elle renonce à réclamer son mahr, vous ne porterez pas plainte contre elle pour zinā (relations illicites). Ainsi, vous pourrez la quitter sans avoir à payer le mahr dans le cadre d’un talaq Khulʿ1.
- Le khulʿ (خلع) désigne un type de divorce initié par l’épouse, dans le cadre du droit matrimonial islamique. Contrairement au ṭalāq (divorce prononcé par le mari), le khulʿ suppose que l’épouse demande la séparation et, en contrepartie, offre une compensation au mari (souvent la restitution de la dot ou une somme convenue). Le khulʿ repose sur le consentement mutuel entre les deux époux, bien que certaines écoles juridiques permettent au juge (qāḍī) d’ordonner un khulʿ en cas de litige grave ou d’incompatibilité manifeste. ↩︎
Sayyid Madani
